J – 1 : Craig Johnson à la librairie vendredi 13 à 18h30

11022015

Il vient du Wyoming pour visiter la librairie dont il a entendu parler sur le New York Times, ce vendredi à 18 heures 30.

Alors pour lui rendre la politesse et aussi parce que nous aimons ce qu’il écrit, nous serons très heureux de discuter avec Craig Johnson, et avec vous, de son dernier livre paru chez Gallmeister Tous les démons sont ici.

Le dernier livre des aventures de Walter Longmire ressemble davantage à une folle chasse à l’homme  qu’à une véritable enquête. Chargé avec son adjoint basque au nom presque imprononçable, de livrer aux autorités voisines une cargaison de truands dont un sociopathe particulièrement dangereux, leur mission va se voir déjouer par des complices infiltrés dans l’équipe chargée de les accompagner.
Il s’en suit une poursuite effrénée du shérif pour tenter de rattraper ce type jusqu’à des sommets montagneux où la raison dicterait aux hommes raisonnables de ne pas s’aventurer ; surtout quand une tempête est annoncée. Mais Walt Longmire n’est pas un homme ordinaire et je soupçonnerais même Craig Johnson de comparer son héros à un surhomme nietzschéen qui de plus n’écoute pas les avis de ses collègues et amis.
Et heureusement que ce shérif a des amis et même un dont il ne soupçonne plus l’existence. C’est une vieille connaissance indienne qui a disparu des environs depuis un moment et qui va l’aider dans sa quête éperdue. Mais cet ami a un comportement étrange et au bout d’un moment, Walt ne sait plus très bien dans quel monde il évolue. Par le truchement de ce personnage haut en couleurs (c’est le moins que l’on puisse dire) et en caractère, Craig Johnson nous emmène dans une poursuite où la raison va souvent vaciller, les rochers offrir des visions pas toujours claires  ou rassurantes, la tempête brouiller les esprits ; mais atteindre les sommets n’est pas chose facile et se délivrer des ses démons demande de s’ouvrir à la pensée complexe. Tout un cheminement. A vous de le parcourir.



Des objets de rencontre

4122014

Le libraire erre, souvent perdu parmi le flot de parutions qu’il reçoit. Il suit ses écrivains préférés, sachant qu’il va retrouver grâce à eux un univers familier et réconfortant et parfois l’impensable survient : l’écrivain ne dit plus rien, asséché par l’âge ou les répétitions trop évidentes. Et on lui dit : « Untel ou Untelle va venir à la librairie et il serait bon, si ce n’est déjà fait, de lire ses œuvres pour savoir un peu de quoi il s’agit ». « Et c’est qui qui vient ???? »

« Lise Benincà »…. »Ah….. ». Alors je m’empare de son dernier livre et tout de suite, je sens qu’il se passe quelque chose de particulier à la lecture de ce roman.

Lise Benincà nous fait partager son expérience qui lui a fait côtoyer durant neuf mois la communauté Emmaüs de la rue Riquet à Paris. Nous connaissons tous ces lieux où l’on vient pour faire des affaires, dénicher le meuble qui nous manque, l’objet qu’on recherche et surtout pour ne pas dépenser trop d’argent. Il y a aussi le sens de faire continuer à vivre des choses plutôt de que de les jeter mais quand on déambule dans les allées de ces entrepôts, voyons nous vraiment les gens qui y habitent ou qui les font vivre ? Je ne sais pas pour moi mais je crois plutôt que non.

Ce livre magique redonne vie non seulement aux objets décrits par l’auteure mais aussi et surtout aux personnes qui s’en occupent, qui les réparent quand ils peuvent l’être, les cajolent, les présentent pour les rendre attirants alors qu’ils étaient destinés à la poubelle. Beau challenge. Et ces personnes deviennent des visages, des histoires, des récits de vie et, aidés par l’atelier d’écriture que Lise organise au sein même de cette communauté, vont parler, s’exprimer plus ou moins pudiquement mais tout le temps hautement humainement.

C’est un livre magnifique que Lise Benincà nous donne à lire, un livre qui donne sens, qui donne envie et ce sera avec une grande joie que nous la recevrons ce vendredi à la librairie pour parler, échanger et témoigner de nos propres expériences. A vendredi donc……

Lise Benincà vit à Paris et rédige des chroniques pour Le Matricule des Anges. Son écriture retenue et inventive, explore, en revendiquant l’héritage de Georges Perec le vide au cœur de chaque espace, public ou privé, extérieur ou corporel.




Une enfance de Jésus, Coetzee, Seuil

18092013
Après une traversée en bateau venant d’on ne sait où, un homme accompagné d’un enfant débarquent dans un pays dont on ne sait pas grand chose non plus, où ils pourront commencer une nouvelle vie après avoir oublié leur passé. On y parle espagnol, et leur jour d’arrivée sera leur nouvelle date de naissance.
Après un moment d’errements,  ils seront  pris en charge par une « administration bienveillante » qui leur fournira un appartement gratuit et un travail de docker pour l’homme. L’enfant, encore trop petit pour aller à l’école apprendra la vie auprès des adultes et fera son apprentissage un peu par lui-même. C’est tant mieux car il est plutôt précoce.
La recherche d’une mère et l’obligation d’intégrer le cycle normal éducatif pour l’enfant vont bouleverser leurs vies.

Une étonnante réflexion sur une société utopique à la recherche « du bonheur pour tous », le sentiment d’appartenance,  la bureaucratie, le désir ou non d’être formaté. Coetzee nous le propose dans ce roman tout à fait passionnant et novateur.




Le bonheur pauvre rengaine, Sylvian Pattieu, Rouergue

12092013

Sylvain Pattieu est historien et aussi écrivain et il aime fouiller dans les archives classées de la police. Quand il tombe sur cette histoire de prostituée assassinée dans les années 20 il y voit, avec raison, la substance de son roman.

Nous voyageons entre Paris et Marseille, mais surtout Marseille, et découvrons la vie tumultueuse qu secouait Marseille dans les années de l’entre deux guerres.

C’est le milieu des macs et de la prostitution, des caïds, de la violence et des meurtres.

L’enquête nous fait passer successivement des acteurs de ce monde à celui des enquêteurs qui voient parfois d’un bon œil ces apaches s’entretuer.

Un tableau étonnant, tout en détails et en couleurs, qui peut nous faire penser que cette ville n’est peut-être pas tout à fait sortie de cette époque troublée.

Passionnant !!




Kinderzimmer, Valentine Goby, Actes Sud

11092013

Quand l’auteure rencontre son témoin et qu’il lui dit qu’il est un ancien déporté, elle s’étonne car son âge ne correspond pas.

Alors il lui avoue : « Mais je suis né à Ravensbrück ».

De là découle ce témoignage poignant, émouvant, souvent terrible de ce camp de femmes (jusqu’à 40000 internées) où les naissances pouvaient bien sûr se produire. Soit que ces femmes arrivaient déjà enceintes, soit qu’elles le devenaient et ces enfants permettaient alors une respiration, de fragiles instants de bonheur et de solidarité qui rendaient la vie du camp un peu moins difficile.

La mort était une constante quotidienne dans laquelle une naissance venait contrebalancer, un peu, l’horreur.

Un roman qui continue de nous raconter l’histoire. C’est toute sa force.

 




La dépression de Foster, Jon Ferguson, Olivier Morratel éditeur

10092013

C’est parce que les restes d’un serpent écrasé vu lors d’une promenade avec sa fille  ont disparu lorsqu’il y repasse quelques jours plus tard que Foster tombe dans une grave dépression qui va durer dix-huit mois. Dix-huit mois durant lesquels il ne va pas dire un mot dans cet hôpital.

Il ne dit rien mais il pense. Et puis il y a Maria, la gentille infirmière qui lui fait des petites gâteries, et un jour il lui dit : « Merci ».

Le psychiatre va le laisser sortir, non sans avoir passé de longs moments en tête-à-tête avec lui pour comprendre, ou tout du moins, pour essayer de cerner ce personnage atypique lors de conversation sur le sens de la vie.

C’est sérieux et drôle en même temps.

Si le lecteur ne partage pas forcément les réponses, les questions posées par Foster ne sont-elles pas les nôtres ??




Confiteor, de Jaume Cabré, Actes Sud (traduit du Catalan par Edmond Raillard)

5092013
Un homme raconte sa vie et à travers le sienne celles de son entourage proche : une mère invisible ou presque, un père cassant et dès les premières lignes, il se demande si « naître dans cette famille n’a pas été une erreur impardonnable ? ».
Enfant prodige, son père veut faire de lui un polyglotte (comme lui faire apprendre l’araméen, c’est vous dire ….) et sa mère, un violoniste virtuose. Entre tous les personnages qui vont faire de ce roman un opéra magnifique, voici donc celui qui va poser la trame de cette histoire. Ce Storioni, un violon de 1764, nous allons le suivre, bien avant sa naissance et  jusqu’au moment où il va se retrouver dans les mains de son père. Grâce à lui, nous allons revivre l’histoire mais l’histoire du mal, du mal absolu depuis l’inquisition jusqu’au camp de Birkenau en passant aussi par la dictature espagnole de Franco.
Jamais hautain bien que continuellement enrichi par une érudition permanente, le livre de Jaume Cabré, merveilleusement traduit, nous envoûte par la précision et la richesse des détails, la complexité de ses personnages devant le doute ou l’amour et nous donne envie, non seulement de le dévorer (775 pages tout de même) mais de replonger dans nos manuels d’histoire et de philosophie pour réapprendre ce que nous avons oublié.
Magistral !!!!!!!!!!!!!!



Ce qui reste en forêt, Colin Niel, Rouergue noir

3092013
Dans la continuité de mes lectures exotiques, après quelques pépites brésiliennes, le voyage se poursuit vers d’autres trésors aurifèresavec  ‘Ce qui reste en forêt’ de Colin Niel (Rouergue noir).
Les pépites ici ne sont plus des figures humaines mais bien faites de métal et ce métal précieux provoque des dégâts écologiques et des morts violentes. C’est donc dans la  forêt amazonienne de Guyane que nous partons, dans son univers à la faune et la flore encore vierges, au sein d’une base scientifique où l’on vient des quatre coins du monde étudier au plus près des animaux aussi rares qu’invisibles.
Un albatros aux sourcils noirs qui s’échoue sur une plage, un capitaine de gendarmerie qui s’interroge sur ses origines, le CNRS confronté à des remous ;  la Guyane nous offre un panorama inhabituel et étonnant de ses ressources et de ses heurts.
La moiteur équatoriale nous éloigne un moment des récits nordiques. Salutaire !!!!!



Des bandes dessinées pour raconter l’histoire de la région

29082013

Trois bandes dessinées sorties cet été, enfin juste avant l’été, et dont nous ne vous avions pas parlé pour parler de l’histoire de notre région.

Camargue rouge, de Faure et Vilane chez Glénat : une BD pour tous à partir du collèges pour nous raconter l’histoire de la tournée de Buffalo Bill en Camargue au début du XXème siècle.Invité par le Marquis de Baroncelli pour présenter son spectacle en Camargue. Une rencontre insolite entre Indiens Dakotas et Gitans.

Arelate Tome 3 Atticus, de Sieurac et Genot, chez Cleopas. Comme dans les deux premiers volumes de la série, une illustration précise et rigoureuse pour nous raconter encore Arles la Romaine, à travers cette fois-ci le prisme des jeux du cirque. Avec le dossier historique en fin de volume pour continuer à apprendre.

Histoire de la Provence, de l’Antiquité aux lendemains de l’an Mil, collectif, aux éditions du Signe. ce troisième volume de la série (qui en comptera 10) survole la Provence, ses monuments et  son histoire du Vème au XIème siècle. Accessible dès l’école primaire.




Et tous mes amis seront des inconnus, Larry Mac Murtry, Gallmeister

4072013

 

J’avais quitté Larry McMurtry avec son épopée westernienne magistrale qu’est « Lonesome Dove » et je le retrouve avec la réédition de son premier roman.

Toujours le Texas, mais cette fois il nous emmène sur les traces d’un jeune étudiant écrivain qui voit son premier roman publié et dont le succès ne semble par vraiment changer la vie (la starisation à outrance n’a pas encore fait ses ravages).

Il hésite entre sa femme qu’il croit sortir des griffes d’un méchant et celles qu’il va rencontrer sur sa route mais sans savoir comment les aimer vraiment.  Il erre au volant d’El Chevy entre la Californie et son pays natal à la rencontre de personnages que seul ce pas peut faire exister.

Des dialogues hilarants, des épisodes d’hallucination collective, nous sommes dans l’Amérique des années 60 et cette civilisation hésite encore entre son passé belliqueux (le passage avec les « Texas rangers ») et la modernité.

On y parle aussi beaucoup de la vacuité d’écrire, de philosophie, de poésie et de la vie……..

Se lit d’une traite comme une course folle !!!!







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