Des objets de rencontre

4 12 2014

Le libraire erre, souvent perdu parmi le flot de parutions qu’il reçoit. Il suit ses écrivains préférés, sachant qu’il va retrouver grâce à eux un univers familier et réconfortant et parfois l’impensable survient : l’écrivain ne dit plus rien, asséché par l’âge ou les répétitions trop évidentes. Et on lui dit : « Untel ou Untelle va venir à la librairie et il serait bon, si ce n’est déjà fait, de lire ses œuvres pour savoir un peu de quoi il s’agit ». « Et c’est qui qui vient ???? »

« Lise Benincà »…. »Ah….. ». Alors je m’empare de son dernier livre et tout de suite, je sens qu’il se passe quelque chose de particulier à la lecture de ce roman.

Lise Benincà nous fait partager son expérience qui lui a fait côtoyer durant neuf mois la communauté Emmaüs de la rue Riquet à Paris. Nous connaissons tous ces lieux où l’on vient pour faire des affaires, dénicher le meuble qui nous manque, l’objet qu’on recherche et surtout pour ne pas dépenser trop d’argent. Il y a aussi le sens de faire continuer à vivre des choses plutôt de que de les jeter mais quand on déambule dans les allées de ces entrepôts, voyons nous vraiment les gens qui y habitent ou qui les font vivre ? Je ne sais pas pour moi mais je crois plutôt que non.

Ce livre magique redonne vie non seulement aux objets décrits par l’auteure mais aussi et surtout aux personnes qui s’en occupent, qui les réparent quand ils peuvent l’être, les cajolent, les présentent pour les rendre attirants alors qu’ils étaient destinés à la poubelle. Beau challenge. Et ces personnes deviennent des visages, des histoires, des récits de vie et, aidés par l’atelier d’écriture que Lise organise au sein même de cette communauté, vont parler, s’exprimer plus ou moins pudiquement mais tout le temps hautement humainement.

C’est un livre magnifique que Lise Benincà nous donne à lire, un livre qui donne sens, qui donne envie et ce sera avec une grande joie que nous la recevrons ce vendredi à la librairie pour parler, échanger et témoigner de nos propres expériences. A vendredi donc……

Lise Benincà vit à Paris et rédige des chroniques pour Le Matricule des Anges. Son écriture retenue et inventive, explore, en revendiquant l’héritage de Georges Perec le vide au cœur de chaque espace, public ou privé, extérieur ou corporel.


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